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20 janvier 2016

Big data : les données, de la valeur à long terme

La troisième révolution industrielle est en marche : celle des données et de leur traitement. Fidèle à sa tradition d’innovation et de gestion de conviction, Edmond de Rothschild Asset Management a décidé de créer un fonds Big Data. Sa particularité : la transversalité.

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L’utilisation des moyens de communication dans le monde, et donc la génération de données, a connu une hausse phénoménale durant les 15 dernières années. Tous les jours, 2,5 trillions d’octets de données sont générées à travers le monde et leur croissance est telle que 90% des données actuelles ont été créées au cours des deux dernières années. Parallèlement, les données numériques, qui devraient atteindre 35 000 exaoctets en 2020 (soit vingt fois plus qu’en 2010), sont encore sous-exploitées : aujourd’hui, selon l’International Data Corporation, seules 0,5 % sont analysées.[1]

La gestion de ces flux de données est à l’origine d’une révolution industrielle globale avec des retombées financières se chiffrant en centaines de milliards de dollars, selon Accenture[2]. Une révolution qui ne se cantonne pas aux entreprises technologiques, tous les secteurs étant concernés.

C’est l’étude de ces différents secteurs qui a convaincu Edmond de Rothschild Asset Management de créer un fonds Big Data dont la particularité est d’être transversal.

Jacques-Aurélien Marcireau, le gérant du fonds Edmond de Rothschild Fund Global Data[3], qui rencontre régulièrement les patrons de sociétés de technologie et étudie le secteur, a identifié plusieurs profils, différents mais complémentaires, d’acteurs économiques concernés par le Big Data et qui vont au-delà du secteur technologique :

  • Les entreprises qui collectent les données et les mettent à disposition (infrastructures), comme par exemple Interxion, acteur majeur européen du stockage de données avec 40 centres de données (datacenters)
  • Celles qui éditent des logiciels et permettent leur étude (analytics), comme IBM
  • Les sociétés non technologiques qui mettent le Big Data au service de leur activité principale afin d’en tirer un avantage compétitif (data users), comme AXA, l’un des premiers groupes d’assurance au monde, également pionner de la transformation digitale au sein de son secteur d’activité

« Le Big Data, c’est l’alliance des trois V : un Volume croissant de données, issues d’une large Variété de sources, qui circulent à une Vitesse de plus en plus grande, souvent en temps réel. Ce qui est nouveau, c’est que l’on peut stocker toutes ces informations et les analyser en croisant des tweets, des échanges verbaux, des données de machine à machine. »

Est-ce pour autant une raison d’investir dans le Big Data ? Créer un fonds sur ces valeurs n’est-ce pas, d’une certaine façon, céder à une mode ? Cet engouement ne ressemble-t-il pas à celui du début des années 2000 ? Ne nous retrouvons-nous pas devant le même risque qu’au début de l’âge d’or d’Internet, marqué par l’éclatement de la bulle ? Voilà quelques-unes des questions qui ont mobilisé les équipes d’Edmond de Rothschild Asset Management avant la création du fonds Edmond de Rothschild Fund Global Data.

Il ne s’agit pas d’investir dans tout ce qui paraît novateur, mais bien de choisir des thématiques potentiellement porteuses et d’écarter celles qui semblent trop risquées. Un exemple de cette gestion de conviction, qui peut se retrouver à contre-courant des tendances générales ? Guillaume Poli, directeur général adjoint chargé du développement d’EDRAM développe :

« En privilégiant une approche value[4] à la fin des années 1990, nous avons aussi opéré une innovation de rupture sur une technique qui existait déjà. Alors que tout le monde ne jurait que par les valeurs Internet, il fallait être très contrariant pour miser sur des valeurs décotées qui appartenaient au “monde d’avant”. Le caractère innovant était de rester sur les actions pour en capter le rendement en redécouvrant la valeur là où elle était. »

La situation est différente aujourd’hui avec le Big Data. Guillaume Poli continue :

« Il faut savoir se transformer en permanence pour garder toujours un temps d’avance. L’innovation est différente de l’invention. Notre innovation est maîtrisée puisque nous n’investissons pas dans ce que nous ne comprenons pas et ne succombons pas aux effets de mode. »

Ce n’est pas la donnée qui est nouvelle, mais son traitement

Aujourd’hui, grâce aux évolutions technologiques, il est désormais possible de traiter les informations issues de toutes les données collectées afin de mieux les exploiter. C’est ce traitement qui est novateur. En effet, les données (structurées) ont toujours existé. En revanche, la capacité à stocker et à analyser un volume conséquent de données non-structurées a rendu possible l’avènement du big Data. D’un côté, les coûts de stockage, jusque-là prohibitifs, ont été très fortement réduits, et de l’autre, l’innovation sans cesse repoussée a permis d’analyser et de recouper ces données.

Evolution de la capacité de stockage

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Pour le secteur technologique, la création de valeur est évidente selon Edmond de Rothschild Asset Management. Les grands acteurs du secteur (IBM, Cisco ou encore Microsoft) ont investi d’importantes sommes dans la construction de datacenters et de solutions dédiées à l’analyse de données depuis plusieurs années.

Jacques-Aurélien Marcireau souligne :

« Demain, leur périmètre de développement ne se limitera plus aux simples entreprises ou aux administrations mais à des villes entières. L’ambition est de leur proposer des solutions globales clé en main avec un acteur qui peut tout gérer de A à Z. »

La maintenance industrielle, la personnalisation des offres, l’efficacité énergétique, la médecine préventive ou encore la voiture autonome, sont autant d’exemples des différentes applications de la thématique. Leurs répercussions sur l’ensemble de l’économie peuvent être fondamentales. Les entreprises qui sauront tirer parti de cette tendance de long terme pourront créer de nouveaux produits et services, distancer leurs concurrents et représenter un potentiel de création de valeur important.

Un champ d’application infini

Dans le secteur de la santé par exemple, le séquençage du génome humain peut être désormais réalisé en quelques heures pour 1 000 dollars alors qu’il y a quinze ans, il demandait la coordination de sept ou huit centres de recherche et coûtait un milliard. Pour Laurent Alexandre, président de NBIC Finance, «d’ici à 2030, plus aucun diagnostic médical ne pourra être fait sans système expert. Il y aura un million de fois plus de données dans un dossier médical qu’aujourd’hui. Cette révolution est le fruit du développement parallèle de la génomique, des neurosciences et des objets connectés».

Dans un tout autre domaine, la ville intelligente (ou «smart city») promet beaucoup d’économies et une meilleure allocation des ressources. Jacques-Aurélien Marcireau donne l’exemple de Philadelphie :

« En 2009, la ville a modernisé le ramassage des ordures en connectant les poubelles afin de mesurer le degré de remplissage et de pourrissement des déchets. De cette manière, la municipalité a diminué par trois le nombre de tournées. »

Autre cas concret : l’industrie automobile. Des Etats américains autorisent déjà la circulation de véhicules autonomes. Au-delà de l’innovation technologique, leur utilisation pourrait réduire considérablement le nombre d’accidents et procurer d’importants bénéfices qui pourraient se chiffrer en points de PIB. Comme l’indique Jacques-Aurélien Marcireau :

« 80 millions de véhicules sont vendus dans le monde chaque année. Si l’on prend en compte une croissance du marché de 3 % par an, le contenu électronique embarqué – semi-conducteurs, softwares – dans un véhicule autonome a une espérance de croissance, au minimum, deux fois supérieure à ce rythme. »

Si les acteurs technologiques ont là une véritable opportunité, les constructeurs automobiles sont en revanche face à un dilemme : faire alliance avec Google ? Développer leurs propres solutions pour être le nouvel Apple de l’automobile ? Se concentrer sur l’assemblage ? Ces choix stratégiques auront d’importantes répercussions en termes de création/destruction de valeur boursière.

Transport, distribution, assurance, services aux collectivités, énergie, le champ d’application est infini... A terme, des pans entiers de l’économie sont concernés par la révolution des « données massives ». C’est ce qui a convaincu les équipes d’Edmond de Rothschild Asset Management de créer le fonds Edmond de Rothschild Fund Global Data en appliquant une expertise éprouvée depuis plus de trente ans dans la constitution de fonds thématiques.

La composante clé : la transversalité du fonds

En revanche, si l’innovation sans cesse répétée génère du rendement, cela crée aussi de l’obsolescence et donc du risque. Pour éviter ces écueils et parer les « effets bulle[5] », le fonds s’appuie sur une analyse fondamentale approfondie et des experts indépendants, notamment du monde de la recherche.
Pour le fonds Edmond de Rothschild Fund Global Data, les équipes ont ainsi développé une approche qualitative de sélection de titres avec la sélection de valeurs cotées partout dans le monde, affichant toute taille de capitalisation et dont la croissance s’avère assez peu sensible à la conjoncture économique mondiale. Cette stratégie permet d’être au plus près des acteurs technologiques (minimum 51 % du fonds de titres émis par des sociétés du secteur technologique ou liées aux technologies d’analyse) et d’investir sur certains bénéficiaires au sein des industries traditionnelles.

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Source : Edmond de Rothschild Asset Management (France). Le processus d’investissement décrit ci-dessus intègre différentes contraintes de gestion internes mise en place par l’équipe de gestion. Il s’agit du processus actuellement en cours, susceptible toutefois d’évoluer dans le temps. * L’identité des gérants présentés dans ce document pourra évoluer durant la vie du produit

Le portefeuille créé comporte différents types de valeurs : on y trouve des acteurs incontournables comme Google (qui s’est allié avec Sanofi et Novartis dans la recherche médicale), mais aussi des spécialistes de la data (Interxion), du séquençage génomique (Illumina), des capteurs (Sensata), ainsi que le français Criteo, spécialiste du ciblage publicitaire sur Internet. Jacques-Aurélien Marcireau précise :

« L’approche du fonds consiste à investir en amont dans les sociétés technologiques qui permettent cette révolution et d’identifier en aval les sociétés dans les secteurs traditionnels de l’économie qui pourraient en tirer parti pour créer de la valeur. La transversalité est une composante clé de la thématique du fonds. »

1 Source : International Data Corporation
2 Source : Accenture – Étude « Guider la transformation digitale » - 2015
3 Edmond de Rothschild Fund - Global Data est un compartiment de la SICAV de droit luxembourgeois agréée par la CSSF et autorisé à la commercialisation en France, Suisse, Espagne, Italie et Luxembourg.
4 Les valeurs dites « Value » sont considérées comme fortement sous-évaluées
5 Une bulle spéculative est un niveau de prix d’échanges sur un marché excessif par rapport à la valeur financière intrinsèque des biens ou actifs échangés.